Face à la décision du Ghana de saisir une procédure d’arbitrage international pour délimiter leur frontière maritime commune, le Togo a choisi la voie de l’apaisement et du droit. Lomé a officiellement pris acte, mercredi 25 février, de la notification transmise par Accra, tout en réaffirmant solennellement son engagement indéfectible en faveur d’un règlement pacifique des différends et du respect scrupuleux du droit international.
Dans un communiqué publié dans la soirée, le gouvernement togolais indique avoir reçu, le 20 février dernier, la communication officielle des autorités ghanéennes annonçant le déclenchement d’une procédure d’arbitrage fondée sur la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM). Si Lomé « prend acte » de cette initiative, elle n’en souligne pas moins qu’elle marque une sortie du cadre des négociations bilatérales qui se tenaient depuis près de sept ans.
Les deux pays avaient en effet entrepris, à partir de juin 2018, des discussions techniques soutenues, orchestrées par leurs commissions nationales des frontières respectives. L’objectif affiché était clair : parvenir à un accord consensuel et mutuellement bénéfique sur le tracé de cette ligne en mer, source d’incertitudes. Ces pourparlers avaient même permis d’instaurer un climat de confiance, les deux parties s’engageant, en août 2019 à Accra, à « s’abstenir de toute action en mer susceptible de nuire au climat de paix et de fraternité » entre leurs nations.
Force est de constater qu’après plusieurs années d’efforts et de réunions plénières, ce processus n’a pas abouti à l’accord espéré. C’est dans ce contexte que le Ghana a choisi de franchir une nouvelle étape. Accra justifie d’ailleurs ce recours à l’arbitrage par la nécessité de sortir de l’impasse après « huit années de discussions infructueuses » et d’éviter toute nouvelle escalade, en quête d’une solution « définitive et conforme au droit international ».
Face à ce tournant, la réponse togolaise se veut mesurée et juridiquement solide. Lomé insiste sur son attachement à un dénouement du litige « dans le respect des principes de justice et d’équité » tels que consacrés par la CNUDM de 1982. Ce faisant, le Togo ne se contente pas de réagir à la procédure : il réaffirme les principes fondamentaux de sa politique étrangère, à savoir le « bon voisinage, la coopération fraternelle et le règlement pacifique des différends ».
L’origine du contentement réside dans l’absence historique d’une frontière maritime formellement établie, une lacune qui a par le passé généré des tensions et incidents entre 2016 et 2018. Pour Lomé, cette situation rend d’autant plus nécessaire la recherche d’une « solution équitable et juridiquement encadrée ». En choisissant de faire confiance à l’arbitrage, le Togo parie sur la force du droit pour transformer une divergence en une opportunité de stabilisation définitive de ses limites maritimes, préservant ainsi ses intérêts et la paix régionale.
Amen K.