Sénégal / Sécurité routière : Vers la dotation des forces de l’ordre des caméras pour mettre un frein à la corruption.

Fini le temps où un contrôle routier pouvait se transformer en marchandage discret entre l’agent et l’automobiliste. Pour assainir les pratiques sur ses axes routiers, le Sénégal franchit un cap technologique majeur. Le ministère de l’Intérieur vient d’annoncer le déploiement prochain de 2500 caméras portables au sein des unités chargées de la régulation de la circulation.

Présentée le 18 février devant les députés par le ministre Mouhamadou Bamba Cissé, cette initiative vise à mettre fin aux dérives qui entachent régulièrement les contrôles de routine. Les célèbres « bodycams » enregistreront désormais chaque interaction entre les forces de l’ordre et les usagers de la route. Fini les contestations stériles ou les accusations sans preuve : en cas de litige, la vidéo fera office de témoin impartial.

Mais l’ambition ne s’arrête pas là. Ces caméras individuelles ne fonctionneront pas en vase clos. Elles seront connectées aux assistants numériques personnels (PDA) déjà utilisés par les services de sécurité pour verbaliser les contrevenants. Cette synergie technologique promet de révolutionner la chaîne de traitement des infractions. La procédure deviendra plus fluide, plus transparente, et surtout, moins sujette aux arrangements douteux.

L’objectif caché, mais clairement assumé, est d’éradiquer la circulation d’argent liquide lors des contrôles. En liant directement la constatation de l’infraction à un paiement dématérialisé reversé automatiquement au Trésor public, les autorités coupent l’herbe sous le pied aux pratiques frauduleuses. C’est un signal fort envoyé à ceux qui considéraient encore l’uniforme comme une opportunité de revenus parallèles.

Cette modernisation s’inscrit dans une dynamique plus large observée à l’échelle internationale. Des études nord-américaines et européennes ont démontré que le port de caméras réduisait significativement les incidents et améliorait le respect des protocoles par les agents. En Afrique, le Sénégal rejoint ainsi le club des nations pionnières comme l’Afrique du Sud, le Nigeria ou le Kenya, qui expérimentent ou ont déjà adopté ces outils.

Reste que la technologie ne fait pas tout. L’efficacité du dispositif dépendra de la formation dispensée aux agents, du cadre juridique encadrant l’utilisation des enregistrements, et de la maintenance des équipements. Mais le message est clair : le Sénégal veut des routes où la loi s’applique de la même manière pour tous, sans passe-droit ni bakchich. Une réforme qui devrait soulager des millions d’usagers.

Amen K.

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