Burkina Faso : Quand le pays reprendre le contrôle de son récit, briser le silence des stéréotypes

Pendant des années, le Burkina Faso a subi en silence. Réduction systématique à l’insécurité, focalisation exclusive sur les défis sécuritaires, portrait tronqué d’un pays présenté comme perpétuellement fragile… Les stéréotypes ont la vie dure, et les récits extérieurs peinent souvent à rendre compte de la complexité d’une nation en mouvement. Mais le gouvernement burkinabè a décidé de reprendre la main sur son image.

Le mardi 10 février 2026, à Ouagadougou, un mémorandum de déconstruction des stéréotypes a été soumis aux responsables des ministères et institutions. L’objectif : adopter un document référentiel qui dresse un portrait réaliste, cohérent et convergeant du Burkina Faso en matière de développement, de sécurité et de progrès socioéconomique. Derrière ce travail technique se joue un combat essentiel : celui de la souveraineté narrative.

Pourquoi est-il si important que le Burkina Faso corrige sa propre image ? D’abord parce que les stéréotypes ne sont jamais anodins. Ils influencent les investisseurs potentiels, conditionnent les partenariats internationaux, pèsent sur le moral des populations et légitiment parfois des regards paternalistes ou méprisants. Lorsque le pays est systématiquement réduit à ses difficultés, on occulte ses réalisations, sa résilience, ses innovations locales et la vitalité de sa société civile.

Or, le Burkina Faso n’est pas un problème à résoudre : c’est une nation qui construit son chemin. Malgré un contexte sécuritaire difficile, des régions entières continuent de cultiver, d’enseigner, d’entreprendre. Des initiatives citoyennes émergent, des réformes sont menées, une jeunesse talentueuse refuse de se résigner. Ce visage-là mérite d’être vu.

Le mémorandum en cours d’adoption n’est pas un exercice de propagande. Il s’agit d’un outil de travail, méthodique, factuel, qui entend fournir aux diplomates, aux communicateurs et aux décideurs un récit alternatif étayé par des données vérifiables. C’est une arme pacifique contre les idées reçues.

En prenant cette initiative, le gouvernement burkinabè rappelle une vérité trop souvent oubliée : aucun peuple ne devrait laisser à d’autres le soin de raconter son histoire. Corriger son image, ce n’est pas nier les difficultés. C’est refuser d’être réduit à elles. C’est exiger que la lumière soit faite sur l’ensemble du tableau, pas seulement sur ses zones d’ombre.

Le combat pour la vérité du Burkina Faso ne fait que commencer. Mais en posant la première pierre de ce mémorandum, Ouagadougou adresse un message clair : le pays des Hommes intègres ne se laissera plus définir de l’extérieur.

Amen K.

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