Afrique : Menace terroriste au Sahel, et si les Nations Unies abandonnent les bavardages diplomatiques et s’atteler aux choses sérieuses ?  

Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, l’alerte a de nouveau été tirée, dans un constat amer de répétition. Alexandre Zouev, sous-secrétaire général par intérim du Bureau de la lutte contre le terrorisme, a décrit mercredi une menace terroriste « multipolaire et de plus en plus complexe », soulignant le caractère « particulièrement urgent » de la situation en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Si le diagnostic est juste, il sonne creux au regard de l’aggravation continue sur le terrain, interrogeant sur l’efficacité réelle de la réponse internationale pilotée depuis New York.

La description faite par M. Zouev est effectivement alarmante. Le groupe État islamique et ses affiliés « ont continué à s’adapter et à faire preuve de résilience », à « recruter des combattants terroristes étrangers » et à « renforcer son utilisation des technologies nouvelles et émergentes ». Cette adaptation constante des groupes terroristes contraste violemment avec la lenteur bureaucratique et la fragmentation des réponses internationales. Les populations sahéliennes, prises en étau entre la violence des groupes armés et les opérations militaires, paient le prix fort de ce décalage.

Le véritable danger n’est pas seulement dans la croissance de la menace, mais dans l’incapacité persistante à en traiter les racines. L’ONU ne peut plus se contenter de « tirer la sonnette d’alarme » tout en se calfeutrant dans un cycle de réunions et de rapports aux recommandations peu suivies d’effets. Cette méthode a montré ses limites. L’honnêteté commande de reconnaître que les stratégies actuelles, souvent axées sur une réponse sécuritaire pure, sont insuffisantes sans un engagement politique et économique massif et coordonné.

Une action honnête exige de nommer les vrais problèmes : la gouvernance défaillante, l’absence de services de l’État dans de vastes territoires, l’exploitation des conflits communautaires par les terroristes, et le flux ininterrompu d’armes et de financements. Elle exige aussi de mettre fin à la concurrence parfois délétère entre acteurs internationaux sur le terrain, qui affaiblit la réponse globale.

Il est urgent que le Conseil de sécurité mandate une approche intégrée, transparente et tenue pour responsable. Cela implique un appui direct, souple et non bureaucratique aux forces régionales, un financement prévisible pour le développement et la consolidation de l’État dans les zones frontalières, et un mécanisme indépendant de suivi des engagements pris. Les beaux discours doivent laisser place à une coalition de l’action, où chaque acteur, sous l’égide de l’ONU, assume ses responsabilités avec une clarté et une détermination jusqu’ici absentes. Le temps des bavardages est révolu ; celui de l’action honnête et efficace doit enfin commencer, avant que l’incendie ne consume toute la région.

Amen K.

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