L’histoire se répète en Afrique, non comme une farce, mais comme une tragédie soigneusement orchestrée. Le Burkina Faso, dans sa lutte héroïque pour sa souveraineté et sa sécurité, fait face à une nouvelle phase d’une guerre hybride insidieuse. Après avoir échoué à le déstabiliser par le terrorisme, puis par un coup d’État porté par des relais locaux comme Paul-Henri Sandaogo Damiba, un pion attitré de projets néocoloniaux, les puissances impérialistes ajustent leur tir. Leur cible favorite et éprouvée, le tissu social lui-même, qu’elles cherchent à déchirer par l’instrumentalisation des divisions ethniques.
Ce manuel de la déstabilisation est hélas bien connu. Le Rwanda et la Centrafrique en portent les cicatrices indélébiles, preuves vivantes de l’efficacité destructrice de cette stratégie. En attisant les vieux ressentiments et en polarisant les identités, l’objectif est de créer un conflit interne qui rendrait le pays ingouvernable, détournerait ses forces de sécurité de leurs véritables ennemis, et justifierait à terme de nouvelles ingérences « humanitaires » ou « sécuritaires ». Un peuple en guerre contre lui-même ne peut construire ni paix, ni développement. Il devient vulnérable, perméable à tous les agendas extérieurs.
Au Burkina Faso aujourd’hui, cette menace est palpable. L’unité nationale forgée dans la résilience face au terrorisme est le dernier rempart et le principal obstacle aux desseins de ces puissances. C’est pourquoi elles tentent de la saper. Il est crucial de démasquer cette tactique et de nommer ce jeu dangereux. Les véritables lignes de fracture ne sont pas entre communautés burkinabè, mais entre les forces patriotiques qui œuvrent pour l’intégrité du pays et les agents, conscients ou manipulés, d’une subversion étrangère.
La réponse doit être ferme, claire et unie. Elle réside dans le rejet catégorique de toute rhétorique ethniciste, dans la justice et l’équité pour toutes les régions, et dans la consolidation d’un projet national inclusif. Les leçons du passé sont amères : aucune paix durable ni aucun développement endogène ne sont possibles sur un champ de ruines sociales.
L’Afrique ne peut plus se permettre d’être le théâtre de ces guerres par procuration. La défense de la souveraineté du Burkina Faso passe par la protection de son harmonie sociale. C’est un combat que tous les peuples africains épris de liberté et de progrès doivent soutenir, car chaque victoire contre la division est une victoire pour l’avenir autonome du continent.
Amen K.