Le Ghana franchit une étape décisive dans la maîtrise de sa filière aurifère artisanale. Mardi 20 janvier 2026, le Gold Board (GoldBod), l’unique régulateur, acheteur et exportateur de l’or artisanal et à petite échelle (ASM) depuis mai 2025, a signé un accord historique avec la Gold Coast Refinery Company Limited. Ce partenariat de raffinage vise à transformer localement l’or brut issu des mineurs artisanaux, marquant un tournant dans la stratégie nationale pour capturer une plus grande part de la valeur ajoutée.
Concrètement, à compter du 1er février, le GoldBod fournira chaque semaine une tonne d’or brut à la raffinerie nationale. Cet accord, le premier du genre entre l’État et une raffinerie locale, cherche à modifier un modèle économique jusqu’alors centré sur l’exportation de métal non transformé, qui avait tout de même généré 10 milliards USD de recettes en 2025.
Les retombées attendues sont multiples. Sur le plan financier, l’État ghanéen, via le GoldBod, obtient une participation gratuite de 15% dans le capital de Gold Coast Refinery, ouvrant droit à de futurs dividendes. L’économie nationale devrait aussi retenir plusieurs millions de dollars en frais de raffinage auparavant expatriés. Socialement, le projet promet la création d’emplois directs et indirects.
L’enjeu dépasse toutefois le cadre national. Cet accord constitue une phase test cruciale pour l’ambition ghanéenne d’obtenir la certification LBMA (London Bullion Market Association) pour l’une de ses raffineries. Ce précieux sésame international, garant de standards de qualité et de traçabilité responsable, permettrait de vendre l’or ghanéen à un prix premium sur les marchés mondiaux. Pour y parvenir, un partenariat est en cours avec la sud-africaine Rand Refinery, seule détentrice actuelle de cette licence en Afrique.
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de réforme et de renforcement de la souveraineté économique. Le Ghana mise sur la modernisation de toute la chaîne de valeur, de l’extraction artisanale régulée à la transformation industrielle, via l’action du GoldBod et le développement de capacités de raffinage locales, comme le démontre aussi l’existence de la Royal Ghana Gold Refinery inaugurée en 2024.
À l’image d’autres pays ouest-africains, tels que le Mali, le Ghana démontre ainsi une volonté stratégique de ne plus être un simple exportateur de matière première, mais de devenir un acteur à part entière du marché mondial de l’or fini. Le succès de ce partenariat avec Gold Coast Refinery sera déterminant pour concrétiser cette ambition et maximiser les bénéfices que la nation tire de ses ressources aurifères.
Amen K.