Ce vendredi soir, le stade de Rabat va vibrer pour l’un des quarts de finale les plus attendus de la CAN 2025 : le Maroc, porté par tout un pays, affronte le Cameroun, géant continental et habitué des grandes batailles. Une affiche de gala entre deux sélections au parcours contrasté, où le statut de favori local se heurtera à la force instinctive des Lions Indomptables.
Lors de la conférence de presse d’avant-match, le sélectionneur marocain Walid Regragui a abordé la rencontre avec un mélange caractéristique de franchise et de psychologie. Reconnaissant la stature de l’adversaire « On n’a pas besoin de présenter le Cameroun. En CAN ou en Coupe du monde, ils ont porté l’Afrique », il a aussi souligné l’enjeu mental d’un tel rendez-vous. « À ce niveau, c’est la confiance, le mental et la concentration. Les erreurs se paient cash », a-t-il prévenu.
Avec habileté, Regragui a ensuite entrepris de déplacer une partie de la pression pesant sur ses épaules vers le camp adverse. Il a rappelé le statut de « bête noire » historique du Cameroun, évoquant notamment l’élimination du Maroc en 1988, avant de recentrer le débat : « Le passé, c’est le passé. On est le nouveau Maroc. » Son argument principal ? Que les Camerounais, privés de Coupe du monde dans les mois à venir, ont « tout à perdre » dans cette CAN et seraient donc encore plus motivés et dangereux. « On sent qu’ils jouent la compétition sur ce match », a-t-il analysé, tout en appelant à l’humilité de son groupe.
Interrogé sur le contraste stylistique entre les deux équipes, un Maroc dominateur en possession face à un Cameroun plus sobre et redoutable en transition, le coach marocain a refusé de dévoiler sa tactique. Il a cependant lancé une hypothèse provocatrice, suggérant que les Camerounais, fiers et guerriers, « n’accepteront pas de ne pas avoir le ballon aussi longtemps ». Selon lui, le match pourrait donc basculer en un « bon rapport de force » au milieu de terrain, le Cameroun misant sur « la puissance et la projection ».
Ce duel, au-delà du terrain, s’est donc engagé en amont par une petite guerre de communication. Regragui, en stratège, a tenté de décharger psychologiquement son équipe tout en pointant les atouts et les motivations brûlantes de l’adversaire. Reste désormais à traduire cette préparation en actes. Dans l’antre de Rabat, face à un Cameroun renaissant et imprévisible dirigé par David Pagou, le « nouveau Maroc » de Regragui va devoir prouver qu’il peut allier son jeu ambitieux à l’efficacité glaciale requise en phase à élimination directe. Le chemin vers le titre passe nécessairement par cette épreuve de vérité contre les Lions Indomptables.
Amen K.