Cameroun / Crise post-électoral : 254,6 milliards FCFA engloutis, le prix exorbitant de la paralysie politique.

Les Camerounais doivent ouvrir les yeux : les violences qui ont suivi l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 ont infligé à l’économie nationale une saignée financière de 254,6 milliards de FCFA. Ce chiffre accablant émane d’un rapport d’enquête tout juste publié par le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam). Ces manque-à-gagner, répartis entre le secteur privé et l’administration fiscale, révèlent l’étendue du désastre quand des politiciens cupides paralysent le pays pour leurs ambitions personnelles.

Ces pertes colossales se répartissent entre deux acteurs principaux. D’un côté, les entreprises petites, moyennes et grandes ont enregistré d’importants manques à gagner en raison des pillages, des destructions d’infrastructures, de la fermeture forcée des commerces et de la paralysie des chaînes logistiques. De l’autre, l’État a subi un préjudice fiscal majeur, avec des recettes qui ne sont jamais entrées dans les caisses publiques à cause de l’arrêt brutal des activités économiques.

Au-delà des chiffres, c’est le développement même du pays qui est mis en pause. Ces centaines de milliards auraient pu financer des projets structurants : la construction d’écoles, de centres de santé, l’amélioration des réseaux routiers, ou encore le renforcement des services publics. Ils représentent autant d’opportunités perdues pour créer des emplois, soutenir l’entrepreneuriat et améliorer les conditions de vie des populations.

Ce rapport rappelle une vérité économique implacable : la stabilité politique n’est pas qu’une question d’ordre public ; elle est le socle indispensable de toute prospérité partagée. Chaque journée de troubles, chaque barricade dressée, chaque activité interrompue grève l’avenir collectif. Les conséquences des violences post-électorales se font sentir bien au-delà de l’instant de crise, affectant la confiance des investisseurs, fragilisant la trésorerie des entreprises et limitant la capacité de l’État à investir dans le social.

Le véritable enjeu, désormais, est de tirer les leçons de ce lourd tribut. Il invite à privilégier les mécanismes de dialogue et de résolution pacifique des différends politiques. Protéger la paix, c’est préserver le patrimoine national et garantir que les ressources du pays servent son développement plutôt que de compenser des destructions évitables. Le coût de la violence est toujours payé par la nation tout entière un rappel sévère de la valeur inestimable de la stabilité.

Amen K.

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