Burkina Faso : Suspension de l’exportation de la noix de cajou, une mesure pour renforcer la transformation locale

Le gouvernement burkinabè a récemment pris une décision importante concernant l’exportation de la noix brute de cajou. À partir du 28 mars 2025, l’exportation de cette matière première est suspendue sur l’ensemble du territoire national, selon un communiqué interministériel. Cette mesure vise principalement à garantir l’approvisionnement des usines de transformation locales en noix de cajou, afin de favoriser le développement de l’industrie nationale.

Ainsi, la délivrance des Autorisations Spéciales d’Exportation (ASE) est également suspendue. Toutefois, les opérateurs économiques détenteurs d’autorisations en cours de validité et ayant déjà entamé des démarches douanières ont un délai de sept jours pour finaliser leurs exportations.

Le Conseil burkinabè de l’Anacarde a salué cette décision, la qualifiant d’étape importante pour promouvoir la transformation locale et accroître la valeur ajoutée des produits agricoles stratégiques. Selon le Conseil, cette suspension permettra non seulement de soutenir l’approvisionnement des unités de transformation, mais aussi de créer des emplois, de renforcer la compétitivité de l’industrie et d’assurer une plus grande souveraineté économique.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la noix de cajou est l’un des produits agricoles les plus exportés par le Burkina Faso. En 2023, environ 124 900 tonnes de noix brutes ont été expédiées à l’étranger, générant 60,9 milliards FCFA de recettes. Cependant, malgré la présence de 26 unités de transformation dans le pays, seules 16 333 tonnes de noix de cajou sont transformées localement chaque année, laissant une grande partie de la production exportée brute.

Le gouvernement rappelle que toute violation de cette décision entraînera des sanctions conformément à la législation en vigueur. Avec un prix bord champ de 385 FCFA par kilogramme pour la campagne 2025, la mesure devrait contribuer à dynamiser la filière et à soutenir les producteurs locaux, dont une grande majorité sont des femmes.

Amen K.

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